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    Anne-Michelle Vrillet Dite Mina

    artiste, peintre
    Paris 75 France

    Exposition en cour :

    12 juillet - 26 août 2007 : 3ème Salon d'Automne à Sarria (Espagne) : Cet événement, directement affilié au Salon d’Automne (centenaire) de Paris. C'est un festival pluridisciplinaire : arts plastiques, poésie, musique,
    art impressions
    Démarche artistique
    Par Sophie Bernhardt

    Par le biais de sa peinture, Mina appelle à un peu moins d’amnésie. Les origines (de chaque société) sont chamaniques mais nous sommes à une époque où nous nous en sommes coupés. Pour retrouver les gestes qui accompagnent les rituels et la part de sacré, elle utilise des objets et l’écriture, cet outil de transmission à voir plutôt qu’à lire ou entendre.

    Elle considère sa peinture comme un objet et non un lieu de reproduction. Dans une société qui emploie le monde virtuel comme refuge, l’Internet, les médias, la notion d’effort, du tangible disparaît. Son acte de peindre est de rappeler l’objet toile en mettant l’objet au centre de son travail.

    On retrouve dans son rapport à l’écriture ce même souci du rapport aux origines et à l’acte, l’objet. En effet, dans le monde qu’elle décrit, l’écriture est devenue un substitut à l’oralité. Dans les villages, l’oralité était le moyen de transmission des vieilles femmes. Elles ne savaient pas lire et leur savoir était lié à l’acte et à la parole, montrer et dire pour transmettre. Mina a été marquée dans son enfance par ce souci de la transmission et retrouve dans son travail l’écriture comme un acte, un objet où c’est le fait de l’avoir fait qui importe, plus que son contenu, le contenant comme action. L’importance de l’écriture devient celle de l’apprentissage pour faire et pas seulement pour dire.

    Son intérêt pour les figures de la culture africaine vient de cette recherche. Elle y retrouve une culture moins maniérée, qui allie l’utilité à l’application. Le travail des matériaux naturels, la recherche épurée des formes fait de chaque objet d’art aussi un objet du quotidien, qui appartient au monde dans lequel il a été créé. On est loin d’une logique de consommation et de reproduction car chaque objet est fait pour vivre avec ceux chez qui il est. Elle retrouve ainsi la notion de rituel, d’objet à sa place, d’art acte. Elle retrouve également dans l’acte même de création de l’objet la notion de compagnonnage et de regard observateur qu’elle avait avec les femmes des villages de son enfance. Mina ne voit pas la culture africaine d’un œil esthétique mais plutôt comme un rappel à des valeurs fondamentales de transmission et de ritualisation de l’art qu’elle a la sensation que nous avons perdue. Elle ne prêche pas pour un retour en arrière mais son travail veut rappeler que l’objet, reproduit virtuellement, ne sera jamais celui que l’on crée, un objet vecteur de transmission et d’un effort.

    Ce travail a débuté en 2000. Au départ, il s’agissait de toiles uniques mais, elle finissait par revenir à la thématique de la dualité. C’est la thématique principale de cette série. Elle y retrouve son attirance, présente dès l’enfance, pour le monde africain, nomade, comme elle. Petite, elle a déménagé plusieurs fois, presque une dizaine, et s’est sentie elle aussi nomade, devant chaque fois s’intégrer et se confronter à la différence avec ceux chez qui elle s’installait. La peinture et les livres étaient son refuge. Elle y a découvert le monde égyptien, qui a du fuir et s’est sentie attirée par cette culture. Elle les a suivi jusqu’en Ethiopie, berceau de nos origines et de celle du monde de l’Art du début du XX ème siècle. Elle retrouve, comme Picasso, dans la culture et l’art africains, le lieu de transposition idéal pour parler de notre société. On y découvre un sujet duquel on se sent différent mais qui nous fascine.

    La culture et l’art africain sont nos voisins historiques. On est face à une sorte de miroir déformant. Chacun y voit ce qu’il souhaite, s’arrête à l’esthétique ou rentre dans l’univers. La peinture de Mina ressemble au miroir d’Alice. Un autre monde existe duquel on ne voit que ce que le miroir veut nous laisser voir, à moins d’y rentrer. La dualité, c’est le rapport étroit entre l’autre que l’on connaît mais qui nous reste différent et la notion d’origines desquelles on s’éloigne au risque de se perdre.

    Chaque toile fait ressortir cette image de notre société où le schéma de l’oubli est présent alors que sans mémoire, on ne peut plus avancer. Comme elle qui, petite, a du rechercher ses origines ailleurs que là où elle vivait pour se construire, évoluer, elle recherche dans les origines de l’homme ce qui le fera avancer et évoluer. Sans ce regard, l’homme sera dans une fuite en avant. Aujourd’hui, les toiles reflètent ce questionnement sans y répondre. Certaines toiles naissent puis disparaissent, d’autres se transforment jusqu’à approfondir le questionnement. La peintre est en plein travail et la série est loin d’être achevée.
    Démarche artistique

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    Dominique Pineau
    artiste, peintre

     
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