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    Sylvain Dhueme

    artiste, peintre
    Castelnau-Sur-Gupie Lot-Et-Garonne France

    Démarche artistique
    "Je peins ce que j'aime, ce qui m'émeut ou me surprend. On naît comme on naît, on est comme on devient, je suis devenu peintre, ça c'est trouvé comme ça, un beau jour, je ne puis expliquer comment. Que dire de plus, j'ai continué et je continue à peindre, cela me fait toujours plaisir
    et quand ça plaît à d'autres, je suis content."


    Jacques Prévert, "Pichenette dans la nuit", in "La Cinquième saison", éditions Gallimard, 1984

    Janvier 2006
    Sylvain Dhuême : paysages abstraits et persistance de la mémoire


    Depuis ses 5 ou 6 dernières expositions, Sylvain Dhuême aborde de front le thème supposé classique du paysage. Réel ou fictif, concret ou intérieur, le paysage, thème majeur de l’art au fil des siècles, est ainsi réinventé tout au long d’un parcours qui emprunte à l’abstrait ses techniques et ses impulsions, caractérisé par une certaine fluidité des couleurs, et qui matérialise des atmosphères, des émotions ressenties par l’artiste au contact de la nature.

    L’abstraction comme seule forme de réalisme possible ? Liquididité, transparence, dilution, recomposition même semblent l’attester. Tout comme l’expressivité des couleurs qui, sans dessin ni préparation préalables, consacre pleinement le motif comme acte révélateur tout autant que créateur.

    "J’ai toujours été intéressé par les espaces transitoires, les no man’s lands, des espaces indécis où la rencontre de la nature et de la culture est très visible" explique l’artiste. «Déjà étudiant, à Pau, j’aimais intervenir dans tel ou tel lieu particulier (notamment le parc de l’école ou les usines désaffectées alentours) pour mettre en évidence que la nature n’est jamais tant sublimée que quand l’homme pose sa griffe sur elle… Une griffe qui peut être mortelle, comme le montrent les innombrables périphéries de nos villes contemporaines, envahies de tôles, d’affichages, de rebuts industriels… Une griffe (celle du jardinier) qui peut au contraire être respectueuse quand le paysagiste, le jardinier ou l’architecte s’appuie sur le préexistant pour créer, au lieu de le contourner ou de le nier».

    C’est ainsi qu’au lieu de poursuivre le courant majoritaire qui était (et reste) pour nombre de jeunes artistes de s’échapper de la tradition pour conquérir les nouveaux médiums (vidéos, photographies, installations, happening…), Sylvain Dhuême est revenu progressivement à l’essentiel de l’art selon lui : le dessin, la géométrie, puis la couleur informelle. Du conceptuel des années 90 aux huiles sur panneaux des cinq dernières années, c’est finalement à une réflexion sur les rapports de l’homme avec ses environnements qu’il s’est attelé, à la recherche, sinon d’un idéal n’ayant jamais existé, du moins d’une perfection qui est sans doute une chimère.

    "Quand je suis comme le vent, comme la pluie, comme l’eau qui passe, je participe à la nature et la nature passe à travers moi" disait Olivier Debré. Pour ce peintre internationalement admiré au même titre qu’un Soulages ou qu’un Zao-Wou-Ki, mais méconnu en France, malgré l’hommage posthume qui lui a été rendu au Luxembourg en 2005, la citation n’a de sens que si l’on connaît la manière dont il peignait : en pleine campagne ou aux bords des rivières, les toiles largement étalées autour de lui, armé de seaux, bassines et grands balais qu’il n’employait qu’après avoir humé, ressenti, intériorisé le paysage dans lequel il s’était arrêté. « La question que je me pose, pour ma part, c’est de savoir comment une image (puisque c’est de cela dont il s’agit, le peintre ne produisant pas autre chose que des images…)comment une image peut durer au-delà des raisons , des forces qui l’ont fait naître ? Et aussi : que faire pour qu’elle reste énigmatique et attirante pour un autre spectateur que son inventeur ? C’est une interrogation permanente lorsque je peins : certes, le tableau me plaît parce qu’il me parle ; mais qu’en sera-t-il de quelqu’un d’autre ? »

    Un questionnement qui n’est peut-être pas si anodin à l’ère du « tout-image », qu’elle soit informative ou publicitaire, descriptive ou communicationnelle. « Pourquoi les hommes peignent-ils depuis au moins Lascaux ? Pourquoi encore aujourd’hui, alors que la photographie et le cinéma ont plus d’un siècle d’existence ? Je pense tout simplement que c’est d’abord pour se souvenir : d’un paysage, d’un regard, d’un geste… De quelque chose de beau. »
    Démarche artistique

    annuaire des arts contemporains
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    Galerie d'art 
    Alex Stalenberg
    sculpteur

     
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